Je me suis toujours dit que j’écris des histoires. Je ne suis pas écrivaine et je ne connais rien au monde littéraire. J’ai seulement des choses à transmettre et cela passe par des mots que je couche sur le papier. J’écris comme ça vient.
J’écris sûrement des histoires par manque d’histoire. Je ne connais pas mon début de vie jusqu’à mon adoption. Je sais juste que je suis née en Corée du sud et que je suis arrivée en France quatre mois après. Mon histoire, avant cela, je ne la connais pas. Ni celle de mes parents, ni celle de mes ancêtres. Ce trou, dans ma chronologie de vie, m’a donné un espace pour imaginer tous les possibles, allant des pires aux meilleurs.
Cela ne m’était pas venu à l’esprit d’en faire un métier. Un vrai métier comme on dit dans la société. Vivre en écrivant est d’ailleurs pour moi plus qu’un métier, c’est une manière de vivre. Jusque-là j’avais toujours fait passer le devoir avant le plaisir. Mon devoir de fille, d’étudiante en droit, en théâtre, en shiatsu. Mon devoir de maman, de compagne, de thérapeute. Je commence à me dire que lire et écrire est un plaisir que je pourrais m’accorder plus souvent. Et si mes histoires peuvent profiter à d’autres, alors je vais les partager.
C’est tout un parcours pour moi qui ai toujours caché ce que j’aimais vraiment. Je l’ai caché pour le protéger, le protéger des jugements. Aujourd’hui, grâce à des personnes merveilleuses qui ont aimé le peu que j’ai pu leur montrer, je suis d’accord d’ouvrir mon univers s’il peut inspirer d’autres personnes. Je me sens l’envie, même timide, de partager. Partager le chemin solitaire que j’ai marché jusque-là. Partager toutes choses que j’ai apprises et qui m’ont fait grandir. Partager mes mots pour qu’ils puissent soigner, guérir, donner, inspirer, résonner.
Je n’écris pas de manière compliquée, j’écris comme je pense, comme je sens dans le moment. Je reprends parfois mes textes en écoutant la sonorité, et la vibration des mots. Je suis contente quand je sens que c’est harmonieux et aligné avec ce que je suis. C’est tout.
Je ne connais rien en vente de livre, et je vais sûrement trembler pour le présenter. Peut-être suer en en parlant, mais si cela peut changer la vie d’une seule personne, alors cela vaut le coup. Changer sa vie pour mieux, c’est ce qui me tient à cœur de partager avec les personnes qui croisent ma route.